Bien souvent je vous revoie, sous mes paupières closes,
La nuit, mon vieux moulin, bâti de briques roses,
La cour tout embaumée par les fleurs du tilleul
Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul
Nos fontaines des champs, les chênes tombés.
Le ciel de mon enfance ou volent des colombes,
Les larges tapis d’herbe où l’on m’a promenée,
Toute petite, la maison ou je suis née
Et les chemins touffus, creusés comme des gorges
Qui mènent si gaiement vers ma belle fontaine.
A qui mes souvenirs les plus doux sont liés ?
Ses prairies, ses plantations de peupliers,
Sa source au flot si froid, par la mousse embellie,
Où je m’en allais boire avec ma sœur chérie.
Je les revois. Je vois les vieux vignerons
Et les abeilles d’or qui volaient sur nos fontaines
Le verger plein d’oiseaux, de chansons, de murmures,
Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mures.
Et j’entends, près de nous, monter sur le coteau
Les joyeux aboiements de mon chien.
Claudine 6 12 2011